Le parage naturel

 

BON A SAVOIR :

LE MEILLEUR CADEAU QUE L'ON PUISSE FAIRE A UN CHEVAL EST PROBABLEMENT DE NE PAS OUBLIER QU'IL EST PRÉCISÉMENT UN CHEVAL.....MA.LEBLANC ET MF;BOISSOU

Le cheval, l’histoire et l’ignorance.

« L’histoire et le cheval » est un sujet qui peut remplir des encyclopédies entières. Déjà, le cheval est une espèce très ancienne dont l’évolution remonte à plusieurs millions d’années.

Le cheval est passé du petit mammifère tétradactyles (4 doigts) qui vivait en sous bois, très agile et mangeait des feuilles et des trucs plutôt tendres, à un gros bazar monodactyle qui court en ligne droite dans de vaste étendues ouvertes et qui mange des trucs plutôt durs et ligneux.

 

Frise

Mais comment on peut savoir tout ça? Les fossiles! On a retrouvé des os, des dents, et des contenus stomacales fossilisés. L’étude des dents d’un animal permet d’en déduire son régime.

Les climatologues peuvent estimer assez finement le climat à partir des couches sédimentaires, et les botanistes peuvent savoir aussi l’évolution des végétaux à partir de l’analyse des compositions chimique des strates et des traces laissées dans les fossiles de végétaux.

On peut constater que la classification du vivant au tout début était plus le fruit de considérations pratiques et conceptuelle (religieuse) liées à l’époque et basées sur ce que la paléontologie permet de retrouver pour l’époque moderne.

On sait que les grecs avaient commencé à répertorier le vivant. ( doc )

C’est Cuvier (1769 – 1832 ) qui fait une de première classifications (moderne) et met le cheval avec le rhinocéros et le tapir dans les « Pachydermes herbivores ».

On classe ensuite le cheval dans les Périssodactyles qui forment un ordre de la classe des mammifères et du groupe des Ongulés, comprenant tous les animaux de ce groupe qui ont les sabots en nombre impair, par opposition aux Artiodactyles (Cétartiodactyles) qui les ont en nombre pair. Ces deux ordres, très naturels, surtout lorsqu’on tient compte des formes fossiles, ont été proposés par R. Owen (1847), et adoptés depuis par tous les paléontologistes.

evolution du cheval

On peut remarquer que les ancêtres du cheval avait plusieurs phalanges, tout comme le rhinocéros et le tapir.

En évoluant de la forêt à la plaine (climat, végétation), le cheval a dû répondre à une pression de prédation différente. L’évolution se faisant en sélectionnant les caractères qui fonctionnent le mieux dans un domaine… les membres du cheval ont évolué pour la course rapide et les déplacements dans des environnements variés. Les 3 doigts se sont progressivement atrophiés pour donner les métacarpiens latéraux et médiaux. Le petit animal se faufilant entre les arbustes s’est transformé en une grosse bestiole fonçant dans les plaines pour échapper aux carnivores.

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Le pied du Rhinocéros:

Etudier les pieds des autres mammifères Périssodactyles est intéressant.

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On peut remarquer que le rhino a aussi une sole qui serait un peu comme une grosse fourchette, un coussinet digital et des tendons qui sont tout à fait similaires à ceux du cheval, sauf que lui a 3 tendons fléchisseurs profonds.

En coupe, le pied de l’éléphant ressemble à celui du rhino ….. et on peut voir toute l’importance du coussinet digital pour un animal de cette taille!

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Si ces gros animaux marchent sur leur coussinet digital, pourquoi le cheval aurait été le seul animal de sa classification à ne pas marcher sur son coussinet?

Un éléphant fait environ 7 tonnes. La nature a placé un GROS coussinet digital qui va jusqu’aux sésamoïdes proximaux. Le coussinet digital du cheval ne remonte que jusqu’à sa deuxième phalange.

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Les éléphants posent aussi « talon en premier ».

Les éléphants « domestiques » et surtout ceux enfermés en captivité (notamment en zoo) souffrent des même problèmes que les chevaux. On a négligé leurs besoins fondamentaux et ils en payent le prix.

Infections, abcès, seimes, ostéomyélite, ossifications anarchique… stéréotypies, agressivité, immunodépression, infertilité… dépression, mélancolie…

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A gauche, ossification anarchique de la dernière phalange. A droite, surface articulaire complètement bouffée et petit trou creusé par un abcès remonté de la sole à l’intérieur de l’articulation. (cause de l’euthanasie)

Les éléphants sont donc souvent euthanasiés à cause de simple problèmes de pieds causés par le manque de mouvements et de soins podologiques….

Tiens donc? comme leurs copains les chevaux?

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Infection de la sole. ( immunodépression, carences, manque de stimulation, sols à l’hygiène déséquilibré)

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Tiens? mais on essaye aussi de « protéger » leurs soles bien qu’on sache que le problème n’est pas le problème? Enfin, la plupart des vétos pensent que les soucis de pied des éléphants domestiques viennent des sols  en ciment des enclos, donc trop « abrasifs » …. MAIS PAS du manque de stimulation, des carences, de l’immunodépression, des congestions dues à l’immobilité etc… Je me demande bien ce qu’ils peuvent foutre pendant 5 ou 6 ans à la fac??? (la lecture des études sur le sujet laisse rêveurs… avec des doses de biotine artificielle de dingue… )

Crotte, on peut pas planter de clous dans un pied d’éléphant…

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On remarque que les « ongles » poussent et s’ ils ne sont pas usés par le terrain… ni râpé par quelqu’un… éléphant et cheval ont le même souci.

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Même les cercles de croissance et les compressions de paroi ou les seimes peuvent se comparer. L’ongle de l’éléphant et celui du cheval sont très similaires. (ils sortent de la même usine!)

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Les soigneurs doivent faire des soins « podologiques » pour garder les animaux en captivité.

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On doit garder les ongles COURTS, assurer une bonne hygiène et suffisamment de stimulation. En regardant les pieds du rhino et de l’éléphant, on voit très bien que les ongles ne sont là que pour protéger les pieds des chocs frontaux et pas pour « marcher dessus ». Le bord externe renforcé sert à la propulsion, pour « crocher » dans le terrain. Il faut bien penser que POUR LE CHEVAL, C’EST LA MÊME CHOSE! La boite cornée n’étant qu’un ongle venant protéger les tissus mous et sensibles du pied. (ils participent néanmoins à l’activité dynamique en gérant la déformation en 3D des tissus internes)

Partant de là, on comprend que le fer est venu « sauver » le pied du cheval du même sort en forçant la nature à pouvoir continuer à l’utiliser malgré l’inobservation des ses besoins. Si les éléphants avaient pu être ferrés, ils le seraient aussi!

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Les éléphants bossent… mais pieds nus! Outre leurs pieds, le système digestif des éléphants et des chevaux sont très similaires! Les éléphants n’ont pas eu la chance de bouffer des granulés et des céréales eux…. et pourtant, ils peuvent vivre 60 ans et bosser pieds nus sans mourir de faim!

Le Dr Bowker le dit clairement dans l’une de ses études, qu’on peut lire dans le livre de Ramey « care and rehabilitation of the équine foot » , le fer peut en effet permettre aux chevaux de sauter et de faire tout un tas de choses MAIS au prix d’une dégradation irrémédiable de leurs structures internes.

p.33 « A « not-so-proper trimming » is more peripherally loaded foot, with the hoof wall assuming the majority, if not all, of the weight support, along with horn removal from the sole and excessive « neatening » of the frog. Such trimming will gradually change the internal foot structure, as it will promote coffin bone loss, and the progressive deterioration of the intégrity of the internal support tissues of the caudal foot. These changes may eventually creat foot tissues that are unable to provide sufficient support during athletic performance by the horse, which in turn that may contribute to clinical lameness.« 

trad: « Un «pas-si-bon parage» donne un pied chargé plus périphériquement, avec l’enlèvement de la corne de la sole et un « toilettage » excessif  de la fourchette, la paroi du sabot va supporter la majorité, sinon la totalité, du poids. Un tel parage change progressivement la structure interne du pied, car il favorise la perte osseuse de P3, et la détérioration progressive de l’intégrité des tissus internes de soutien de la partie caudale du pied . Ces changements peuvent éventuellement créer des tissus du pied qui sont incapables de fournir un soutien suffisant au cours de performances sportives par le cheval, ce qui peut contribuer à des boiteries cliniques. »

J’ai déjà parlé de la charge périphérique: http://podologie-equine-libre.net/2013/03/11/charge-peripherique-ou-charge-solaire/

Qui occasionne entre maux, la fameuse et désastreuse descente distale: http://podologie-equine-libre.net/2013/03/11/un-nouveau-regard-sur-la-descente-distale/

Et on peut ainsi mieux comprendre les forces mises en jeux avec un schéma:

Descente distale

Est-il si difficile à comprendre que la fer n’a PAS été prévu par la nature? Donc, que le pied du cheval non plus. L’équilibre des forces entre le poids de la colonne osseuse et le support de la surface plantaire doit être défini.

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Le fer empêche (entre autres!) cet équilibre. D’où les solutions dites « orthopédiques » (donc utilisées quand ça commence à aller mal)  pour combler le vide créé par le fer sous la surface plantaire avec des mastiques, pour essayer d’offrir un peu de support. Malheureusement, ce support artificiel ne peut pas compenser le fait que le fer empêche la stimulation correcte des structures internes, ni un bon système vasculaire, ni l’appui talon en 1er correctement… provoquant la destruction des structures vasculaires, osseuses, tendineuses et ligamentaires.

On voit bien que le pied EN TRANSITION, n’est pas encore prêt, ni fonctionnel. Bien souvent la descente distale n’est pas encore résolue, la sole étirée est trop fine, et l’absence de concavité (à cause d’une phalange « trop basse » et du manque de sole) l’expose aux gravillons qui vont alerter les nerfs du chorion de la sole, créant une sensibilité salvatrice qui empêchera le cheval de se blesser. (bleimes) Sensibilité également dûe aux capteurs situés sur les ligaments (non extensibles) dans le pied, qui informent des distorsions que subit la boite cornée et qui font que le cheval va pouvoir réduire la pression qu’il fait subir à ses pieds lui évitant de s’abîmer. Le fer en bloquant la distorsion, ses capteurs situés sur les ligaments ne sont jamais activés et le cheval peut se bousiller les pieds sans broncher.

( c’est lors des sauts que ces capteurs peuvent éventuellement être activés à cause des pressions extrêmes mais le cheval est déjà en train de s’abîmer… certains chevaux se mettent donc à « refuser » , à « dérober », à « rétiver »… les salauds! C’est là que la violence viendra les remettre sur le droit chemin ou arrêter leur carrière car « ils sautent mal »… voilà où l’ignorance peut conduire… à la maltraitance. C’est aussi pour cette raison que je ne me bouge pas plus que ça pour aller m’occuper des chevaux de sport… )

Malheureusement, La forme physiologique du pied du cheval n’est pas connue…

…. par le monde des professionnels Français. (parlons de ce que je connais).

pieds

Voilà les pieds que les vétérinaires ont dans leurs manuels. L’atrophie des structures caudales est FLAGRANTE. (encore faut- il savoir à QUOI l’arrière du pied du cheval devrait ressembler…)

Voilà maintenant un pied correctement développé d’un cheval féral:

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Des pieds parés correctement et donc développés correctement:

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good foot

Voilà ce que c’est qu’un VRAI pied et pas un pied pathologique!

Faites donc l’expérience et allez voir les pieds des chevaux dans le centre équestre le plus proche… et voyez si leurs glomes sont plus larges que leurs pinces…

En fait, l’arrière du pied DOIT être PLUS LARGE que l’avant! Il en va du respect des leviers avec une pince courte et un break over très proche du bord distale de la 3e phalange.

Ce qui fait dire aux « pros » que le cheval « n’a plus de pied »! En effet il faut un minimum d’avalure pour pouvoir planter les clous sans piquer le cheval… mais cela ne correspond pas du tout à la forme physiologiquement correcte du pied!

Il n’y a pas besoin de se pignoler avec des CPS (centre de pression statique), des équerres ou des compas d’angles… des aplombs bizarres ou des cales… il suffit de symétriser le sabot avec son pied!

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Comment un professionnel diplômé et reconnu par l’état et par ses pairs, pourra intellectuellement laisser passer ça???? L’ignorance…

Il faudra également, une surface d’appui plantaire large et avec seulement une petite partie sous P3 qui n’est pas au contact du sol. ( la sole primaire! )

Un GROS coussinet plantaire qui forme avec la fourchette un BLOC solide et compact à même de gérer l’énergie cinétique de la locomotion. On peut comprendre que TOUT l’arrière du pied est FAIT POUR GÉRER l’impact de la foulée.

L’énergie étant proportionnelle avec la masse multipliée par le carré de la vitesse, on comprend pourquoi les éléphants ne peuvent pas galoper (marche rapide à 24 km/h MAXI.) ….  et pourquoi une bonne gestion de l’énergie cinétique est importante pour éviter la destruction des tissus et finalement de tout l’organe locomoteur du cheval.

Le podologie est un NOUVEAU courant de pensée.

Mise à part Xénophon et les peuplades qui ne connaissaient pas la ferrure, les occidentaux ont voulu ferrer leurs chevaux pour pouvoir les utiliser (d’ailleurs appelé « la révolution du cheval ») . La science de la maréchalerie est née dans les années 1500/1700 période qui fait suite au Moyen âge. Les celtes ferraient déjà leurs chevaux mais de façon temporaire. Je n’ai pas encore trouvé de traité de ferrure gaulois… ni même datant de la période comprise entre -500 et 1500, mais j’ai contacté un professeur d’histoire spécialisé dans la période médiévale et j’espère bien trouver des infos sur cette période.

La podologie équine elle, est née il y a une vingtaine d’années et elle est l’évolution du « parage naturel ». Elle se différencie RADICALEMENT de la Maréchalerie car elle n’en utilise AUCUN des préceptes, ni logiques, ni bases théoriques, ni techniques. Le but de la Maréchalerie étant de protéger le pied du cheval par une orthèse métallique forgée sur mesure ou modifiée sommairement à partir de fers dit mécaniques qui datent de la toute fin du 19e.

Le but de la podologie équine étant de comprendre le fonctionnement du pied nu du cheval (féral ou domestique) et de pouvoir répondre au mieux aux besoins du cheval domestique par l’entretien correct de ses organes locomoteurs. Le but étant d’exposer le pied à un environnement correct afin de favoriser la croissance et la maturation des structures qui produisent la corne et qui gèrent l’énergie liée à la locomotion.

Prétendre que la Maréchalerie et la podologie équine sont semblables ou que le pied nu a « toujours été pratiqué » par les maréchaux, est un mensonge pur et simple.

L’étude bibliographique de dizaines d’ouvrages de maréchalerie vétérinaire depuis l’antiquité, de manuels techniques et même des référentiels de formation actuel ou futur (pour celui du manuel du maréchal ferrant européen du 21e siècle! sic), ne m’a pas permis de trouver quelque information ou même une simple MENTION de pouvoir garder un cheval pieds nus, et encore moins de la façon de traiter ses pieds!

Si des professionnels actuels désignés comme Maréchaux ferrants se livrent aux parages de pieds nus, c’est en copiant sommairement les technique du « parage naturel » ou en opérant un parage d’avant ferrage qui ne permet PAS d’obtenir une forme physiologique correcte et ne permettant pas non plus l’utilisation du cheval sans fers de façon satisfaisante. (chien qui se mord la queue)

Ceux qui arrivent à obtenir des résultats satisfaisants n’ont pu le faire qu’au prix d’une étude consciencieuse de techniques issues de la podologie équine OU d’une très grande expérience et d’intuitions heureuses. (mais dans ce cas, à quoi sert le CAPA?)

Comment prétendre le contraire alors que le référentiel de formation et celui de l’examen du CAPA ou du BTM ne parle PAS de pieds nus???

( ni aucun de TOUS les livres que je me suis tapé depuis environ 5 ans )

Je vais d’ailleurs poster d’içi peu une étude bibliographique aussi poussée que possible… et je penses pouvoir (un jour) avoir lu la TOTALITÉ de la bibliographie de Rey (lien)… qui ne comprend finalement qu’une centaine d’ouvrages.

Avec tout cela on comprend mieux pourquoi le pied nu est controversé, critiqué, et très mal compris en France, que ce soit par les MF, les vétos et ceux qui les écoutent: moniteurs, éleveurs, juges et finalement politiciens…

La suite au prochain épisode…

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